Chapitre 8: Repas en famille

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

06042014

Message 

Chapitre 8: Repas en famille






Fritz aimait beaucoup le dernier repas qui devait être servi entre 6 et 8 heures du matin selon la saison. C’était le repas le plus important car, si les habitants du manoir faisaient un peu ce qu’ils voulaient pour le premier et le second repas, le dernier repas était pris tous ensemble avec présidence de sa Majesté. Oh, ce n’était pas une obligation mais autant qu’ils le pouvaient, la Confrérie, les Shellanes, les jeunes soldats et même Son Altesse Revhenge venait de temps en temps, sans oublier le Primâle, le Seigneur Phury qui venait avec lui. Et presque toujours sans prévenir. Ce qui fait que Fritz se devait d’être parfait dans l’élaboration des derniers repas. Il avait la chance d’avoir une équipe de cuisine au top. Et il le fallait, ne serait-ce que pour nourrir Messire Rhage.
Seule ombre au tableau, Messire Saxton l’avait prévenu qu’il ne dinerait peut-être pas au manoir ce soir. Cependant, le conseiller juridique de sa Majesté n’était pas encore sorti de sa chambre et Fritz se doutait que c’était à cause de sa peine d’avoir dû laisser partir Messire Blaylock de sa vie. Fritz espérait juste qu’il s’en remettrait et que Messire Qhuinn ait le bon ton de prendre ce qui lui était offert : une chance de reconquérir Messire Blaylock. Et puis, il y avait une demande étrange de la part de Messire Lassiter, demande qui avait été avalisé par le sire Vishous en personne et qui concernait ses propres menus. Et c’était bien la première fois que Messire Vishous était contraint de faire quelque chose qui lui déplaisait. Néanmoins, c’étaient les ordres et le Maitre d’Hotel de la Confrérie comptait bien faire au mieux. C’était étonnant mais il avait vécu pire en matière de nourriture à apporter à certains membres. Comme les cornichons et le pot de miel de Lavande à Dame Bella quand elle était enceinte… Où, il y avait encore quelques jours, une soupe de fraises revenues au vinaigre balsamique avec des curlys en guise de croutons pour sa Majesté la Reine. Les femelles enceintes étaient vraiment étranges…

Qu’à cela ne tienne. Les souris d’agneau confites étaient parfaites, surtout avec leurs carottes fondantes et leurs pommes de terre sautées dans la graisse de canard, il avait prévu en plus un filet de bœuf au roquefort avec des cèpes revenus à la poele et en dessert, un cheesecake au citron vert avec coulis de framboises parce que Dame Mary adorait le cheesecake. Il n’attendait plus que les habitants du manoir venir prendre place à la grande table de la salle de reception. Messire Rhage arriva le premier, comme d’habitude, portant assise sur son épaule Dame Mary qui riait aux éclats en essayant de maintenir le petit Rhip contre elle. Sainte Vierge, que Fritz était content de voir ce couple avoir la chance de posséder son propre enfant. Leur bonheur illuminait tant les alentours que le vieux doggen songea à éteindre quelques bougies mais il se contenta de sourire.

- Rhage, laisses-moi descendre, s’il te plait… Je vais tomber…
- Meuh non, je te tiens !
- Rhage !
- On est arrivés, t’en fais pas.

Rhage fit un grand sourire à Fritz et reposa Mary comme s’il manipulait un œuf de Fabergé. Le petit Rhip n’avait même pas bougé un cil pendant ce temps, dormant comme seuls les bébés ou les chatons peuvent le faire.

- Fritz… ? Je suis arrivé en premier ?
- Comme toujours, Messire. Répondit Fritz en sortant de son dos une assiette pleine de l’apéritif du soir, des chips de jambon cru.

Rhage se précipita sur les friandises en couinant de plaisir comme une petite fille alors que Mary installait Rhip dans le landau prévu à cet effet à coté de sa chaise. C’était un petit rituel que Messire Darius et Messire Tohrment avaient institué pour que Rhage soit toujours présent au dernier repas et donc en sécurité pour la journée. Il gagnait les Friandises de Fritz s’il s’y tenait. Et ça faisait maintenant 76 ans qu’il s’y tenait. Rhage s’installa ensuite à coté de Mary avec le landau entre eux et proposa même une de ses chips au bébé, bien que Mary lui ai dit qu’il était trop jeune pour ça.

Ce furent ensuite Messire Zsadist avec la jeune dame Nalla à son cou et Dame Bella qui ramassait la licorne en peluche que sa fille avait laissé tomber et dont elle commentait la perte avec force gémissements et moues adorables.

- Oh, oui, ma fille… Froncez votre joli front à la manière de votre père pour que j’aille plus vite…
- Je ne t’ai jamais fait ça, Bella… rétorqua Zsadist un peu blessé.
- Non, mais tu le fais à ces malheureuses recrues. Et ne nie pas : j’ai cru que le petit blond du troisième rang allait s’évanouir.
- Ils en ont besoin pour apprendre la discipline. Bonjour Fritz.

Le Maitre d’hôtel s’inclina et se surprit à penser que Messire Zsadist était vraiment devenu quelqu’un de bien. Il regrettait que Messire Darius n’ait pas pu voir ça : Il avait toujours cru en Messire Zsadist même si celui-ci semblait s’acharner à prouver le contraire. Dame Bella sourit à Fritz en allant s’asseoir.

- Sainte Vierge, intervint Rhage. Entre ton regard de tueur et la capacité de Bella à ne se laisser sur les pieds par personne… Le vampire qui va épouser ta fille va souffrir.
- Je sais. Répondit Z en tirant la chaise pour Bella après avoir installé la petite dans sa propre chaise haute. J’ai une fille magnifique. Et une pelle. Et un alibi.

Rhage éclata de rire et approcha son poing de Z pour que celui-ci le percute du sien au dessus de la table. Ce que fit Z en souriant.

Messire Tohrment entra à son tour. C’était terrible à dire mais depuis la mort de Dame Wellsandra, Fritz était sur de ne pas l’avoir vu sourire. Un vrai sourire, bien sur. Il se contentait d’une crispation de la mâchoire qui pouvait passer pour un sourire si on n’y prêtait pas attention et c’est exactement cette crispation qu’il adressa à Fritz avant d’aller s’asseoir. S’il venait toujours au dernier repas, il était évident qu’il n’en avait aucune envie. Qu’il n’avait pas envie de grand-chose en fait. Fort heureusement, il avait repris son apparence d’avant. Plus ou moins. Il restait encore un peu trop maigre pour sa masse musculaire et Fritz avait essayé de le gaver en lui servant ses plats préférés mais Sire Tohrment laissait invariablement la moitié de son assiette. Pourtant, Messire Lassiter qui veillait sur lui ne disait rien à propos de cette curieuse coutume et… oh, bien sur. Ce devait être l’un des marchés de Messire Lassiter qui vous amenait à faire pour le mieux en vous faisant croire que c’était juste un caprice de diva qu’il valait mieux laisser passer sous peine de subir un harcèlement intolérable.

Les trois jeunes gens arrivèrent à leur tour avec Dame Xhex. Ils plaisantaient et riaient et Messire Qhuinn tenait Messire Blaylock par l’épaule et tout deux souriaient largement. Il était temps que ces deux jeunes gens soient enfin ensemble. Cette tension-là disparue, les jeunes guerriers allaient pouvoir respirer. Ils s’assirent après avoir salué Fritz et commencèrent à envoyer vanne sur vanne… Sauf Messire John qui essayait de discuter avec Messire Tohrment avec peu de succès, hélas. Puis Messire Saxton entra et Blaylock et Qhuinn ne purent s’empêcher de se taire et de se regarder un peu gênés. Le sire Saxton sourit à tous et leur souhaita bon appétit avant de se poser devant Qhuinn et de croiser les bras.

- Je ne sais pas si je dois me réjouir que tu ne parades pas ou bien te détester. Dans tous les cas, ça m’agace. Cesse de faire le chiot honteux.
- Écoutes, Sax…
- Non, toi tu m’écoutes. Vous êtes faits l’un pour l’autre, vous serez heureux. Oh, bien sur, de temps en temps vous vous mettrez dessus parce que vous avez un caractère très fort. Mais au final, vous allez vivre une belle vie. Compris ?
- Euh, oui mais…
- Tais-toi, tu me feras plaisir. Je ne veux pas entendre de mais. Vous croyez que je vous en veux ? Non, pas du tout. Vous croyez que ça me plait de vous voir me craindre ? Absolument pas. Alors soyez heureux.

Qhuinn eut un sourire hésitant et se leva à son tour.

- Ok, Cousin… On va le faire.
- Bien. Je t’aime, P’tit con. Tu es la personne la plus intéressante de notre famille.
- Merci.
- A part moi, bien sur.

Sa sortie terminée, Messire Saxton prit place à coté de Messire Tohrment après avoir redressé sa cravate.
Friz s’autorisa un sourire. Il aimait bien Messire Saxton. Sans doute par sa politesse et ses manières qui étaient excellentes mais aussi pour sa force cachée. C’était un guerrier de la plume. Comme Fritz avait toujours eu beaucoup de respect pour les combattants, il appréciait Saxton pour ses capacités de combat dans un autre domaine que l’épée. Il était aussi content que cette force fut mise au service de sa Majesté.
En parlant de lui, Georges précéda le Roi et sa Shellane. A moins que ce ne fut l’héritier qui les précéda tous… Son Altesse était en effet presqu’à son terme et son ventre prenait une place folle.

- Je continue à penser que tu devrais te reposer, Leelane…
- Mon royal Hellren, j’ose vous rappeler que je passe autant de temps couchée sur mon lit que Boo. Et sachant que les chats passent vingt heures sur vingt-quatre à dormir, ça veut dire beaucoup. Je ne suis pas une poupée de porcelaine, Wrath…
- Je sais mais je m’inquiète…

Même aveugle, le Roi aida Dame Beth à s’asseoir avant de s’asseoir lui-même et de détacher son chien.

- Tout le monde est là ?
- Non, pas encore. Vishous est encore à la forge, Butch doit revenir du Refuge et Doc Jane de la clinique.
- Phury ne vient pas ce soir ? demanda Wrath en dépliant sa serviette, ce qui était le signal pour le début du service.
- Pas que je sache, dit Zasdist.

Aussi Fritz leva la main pour que les deux petites Doggens qui étaient dans le couloir et qui n’attendaient que cette main levée pour entrer avec le chariot sur lequel patientaient les cloches du repas. Dans un ballet silencieux, les plats furent posés devant les convives et le Maitre d’hôtel enleva la première cloche, celle du Roi, laissant les vapeurs se répandre. Wrath se mit à sourire en sentant l’arôme de l’agneau rôti. Messire Butch entra sur ces entrefaites et grimaça une excuse.

- Désolé… C’était le départ de Clarhisee, la toute première pensionnaire. Marissa tenait à ce que je l’amène à son nouvel appartement.
- Comment elle s’en sort ? Demanda Mary.
- Pas trop mal… Elle essaye de garder le moral malgré sa terreur de rester seule mais son petit garçon a dit qu’il la protégerait des méchants fantômes.

Il fut le seul à rire à sa propre blague puisqu’il fut le seul à ne pas voir Jane entrer avec Lassiter. Jane qui semblait furieuse de la mention « Méchants Fantômes » mais qui essaya de se recomposer un visage avenant et de s’asseoir.

- C’était pas pour toi, Jane… essaya de se justifier Butch. C’est comme ça que le jeune de Clarhisee appelle les lessers et…
- Laisses tomber.

Butch roula des yeux et se dit que la matinée commençait mal et que la bougresse était bien mal lunée. Ça promettait des heures et des heures d’amusement à la Piaule. Surtout que Qhuinn allait manifestement mieux et que les vacances sans ectoplasme étaient finies. Ce que Jane confirma.

- Je suis ravie de voir que tu te sens mieux, Qhuinn. Tu voudras qu’on vérifie par un Check-up ?
- Euh… non, pas la peine, je pense. Mais si j’ai une rechute…
- Tu feras un examen et c’est pas négociable, Qhuinn. Intervint la voix glaciale de Vishous qui rentrait dans la pièce et s’assit dans le même temps.

Fritz haussa les sourcils en se disant que l’ambiance devenait délétère et que l’humeur de Messire Vishous n’allait pas s’améliorer en posant son repas devant lui : une assiette de pèches rôties au miel avec une purée de patates douces. Si Messire Lassiter se permit un sourire alors qu’il n’avait pas dit un mot jusque là, Messire Vishous poussa un soupir à déchirer l’âme et commença son repas, rêvant sans doute d’un hot-dog. Dame Jane ne put s’empêcher d’avoir un petit rire.

- Tu as perdu un pari, Chéri ?
- Exact.
- Bien fait pour toi…

Tout le monde en profita pour faire son petit commentaire. C’était tellement rare de prendre Vishous en défaut que ça en devenait une curée… Sauf pour deux personnes. Butch et Tohrment mangeaient tranquillement leurs assiettes sans dire un mot. Comme c’était son habitude depuis qu’il reprenait sa place aux repas, Tohrment mangea l’exacte moitié de son plat et donna le reste à Georges. Il se leva et prit Lassiter par le col pour l’entrainer au dehors.

- Mais j’ai pas fini de manger !
- Ta gueule.

Lassiter se fit donc trainer dehors en imitant parfaitement Nalla quand son père lui refusait un dixième shamallow.
Butch finit son assiette, quant à lui, et sourit à Fritz pour en obtenir une seconde, ignorant les petites piques contre Vishous qui pleuvaient alors qu’il grimaçait à essayer de manger ses pêches. Butch remercia Fritz pour l’assiette de filet de bœuf et se leva pour échanger avec celle de Vishous et manger les pêches.

- C’est super bon, comme dessert… Merci, Vieux.
- Je t’en prie, régales-toi. Murmura Vishous en attaquant sa viande avec un sourire satisfait.

Personne ne remarqua que Jane semblait mâcher son citron.




Tohrment lâcha Lassiter uniquement sur le perron du manoir.

- Tu peux me dire à quoi tu joues ?
- Pardon ?
- Je vais t’expliquer une chose, l’emplumé : Avec moi, tu peux t’éclater à faire ta star et à me pourrir la vie, je m’en cogne. Mais pas avec les guerriers. Pas de pari, pas de crise de diva avec eux.
- Oh, ça va, c’est juste…
- Non, ce n’est pas juste une blague ! V a horreur du sucre. Je suis d’accord, il n’est pas allergique mais ça le dégoute. Tu crois être le premier à lui faire ce genre de saloperie ? Ce crétin préférera rien bouffer pendant plusieurs jours plutôt que de manger sucré !
- C’est juste pour quelques jours…
- Je ne veux pas qu’un guerrier soit inattentif parce qu’il a faim !
- Dans ce cas, pourquoi tu prend pas une assiette complète à chaque repas ?
- Tu sais très bien pourquoi et c’est uniquement parce qu’on a marché que je mange. Ne t’en prend pas  aux autres.

Lassiter croisa les bras.

- Tu veux bien m’expliquer pourquoi je dois dire au Roi que tu es opérationnel alors que tu es sous-alimenté ?
- Parce que c’est la faim et le combat qui m’empêchent de me rappeler que j’ai juste envie de me faire sauter le caisson.

L’ange soupira et décroisa les bras avant de s’asseoir sur les marches.

- Je t’ai promis que j’essaierais. Pas que je réussirais.
- Tu n’essaie pas assez ! bon Dieu, ça fait trois ans et je sais que c’est dur pour toi mais il va bien falloir admettre que toi, tu n’es pas mort et que Wellsie ne veut pas ta mort.
- Je fais des efforts.
- Admettons…
- Mais ne touche pas à mes Frères.

Encore une fois, l’ange sentit qu’il devait passer pour un salopard encore une fois… Il soupira et se demanda si c’était son destin d’être détesté unanimement pour faire le bien.

- Faisons un marché…
- J’en ai marre de tes marchés !
- Mais là, t’as pas le choix. Soit tu fais encore un marché avec moi, soit je continue à pourrir la vie de tes charmants frangins qui me détestent…

C’était terrible à dire mais c’était le seul moyen pour que Tohr accepte. Il aimait trop ses Frères pour les abandonner comme ça. C’était d’ailleurs comme ça qu’il avait réussi à avoir Tohr la première fois. En jouant sur quelque chose qui pourrait encore le toucher.

- Et ptet même que je m’attaquerais aux petits jeunes, cette fois… Pauvre John… Je vais le faire tourner en bourrique…
- Ok, c’est bon, tu veux quoi ? Que je finisse mes assiettes ?
- Oh non… Ce serait trop facile… Je pensais plutôt… à la prise de sang.
- Alors, ça, c’est mort.
- Ouais, ouais, je sais… ça a été la croix et la bannière pour que tu acceptes le sang de cette Élue. Alors, je me doute que tu refuseras de boire d’une femelle vampire.
- Bien vu.
- Alors tu boiras de mon sang.

Bon… ça n’était pas vraiment prévu mais de toute façon, au point où on en était…

- Mais t’es stupide ou quoi ? Ton sang ne me nourrira pas.
- Alors pourquoi tu refuserais ? Dit Lassiter en tendant son poignet dénudé. Tu choisis : Une morsure ou John est ma prochaine victime… Et crois-moi, je peux être largement pire que ce que je suis déjà.
- Putain d’enfoiré de merde… Grogna Tohrment en s’approchant et en prenant durement la main tendue.
- Tu fais le bon choix.

Lassiter fanfaronnait mais intérieurement, il n’en menait pas large. Même Déchu, il avait des comptes à rendre aux Instances Supérieures et faire profiter son protégé de l’Ambroisie, le sang angélique n’était pas vraiment ce qu’on pouvait appeler une action amenant une promotion. Cependant il savait pertinemment quel serait l’effet de son sang sur Tohr. Ça le nourrirait. Et ça le nourrirait largement mieux que le sang vampirique en une seule prise. Tant pis, c’était pour une bonne cause. Mais il y avait l’autre effet secondaire. Depuis sa prise d’aile, Lassiter n’avait jamais été mordu. Et ça le terrifiait. Ça le terrifiait pour bien des raisons…

Tohrment mordit le poignet sans ménagement moitié par vengeance, moitié par faim. Il avait beau savoir qu’il mettait toutes les femelles en danger en s’affamant de la sorte mais il ne pouvait se résoudre à ressentir le moindre désir pour une femelle qui lui donnerait son sang. Au moins, avec l’ange, il y avait peu de chance qu’il se mette… Après une seule gorgée, il révisa son jugement. C’était euphorique… faute d’un meilleur terme. Il avait beau se dire qu’il ne boirait qu’une seule gorgée et qu’il entuberait l’ange en lui disant qu’il n’avait jamais dit combien de sang il boirait… et il n’arrivait pas à s’arrêter. Il fallait qu’il se force à décrocher ses doigts du poignet de Lassiter… Qui lâcha un halètement involontaire… Et le Guerrier ne comprit pas pourquoi ce simple son lui sembla d’un coup si… sensuel ?

Oulah, tu te calmes… C’est un mâle, c’est un ange, c’est Lassiter. Trois excellentes raisons pour ne pas bander !

Il réussit néanmoins à sortir ses crocs des blessures du poignet de l’ange pour regarder celui-ci, histoire de se convaincre qu’en effet, aucune interaction d’ordre sexuel n’était possible… Et…

Merde…
Lassiter semblait avoir couru le marathon et respirait difficilement, sans oublier ses joues un peu plus colorées que d’habitude et les lèvres entrouvertes qui laissaient apercevoir ses crocs.

Ses crocs ?

Il n’empêche… Tohr se sentit brûler de l’intérieur, animé d’un feu qu’il n’avait pas connu depuis trois ans. Et Lassiter pencha la tête sur le coté en déglutissant, sans doute pour reprendre un peu contenance mais ce faisant, il dénuda la veine de son cou qui palpitait. Le vampire perdit toute raison et attrapa l’ange par les cheveux et fondit sur la veine en poussant Lassiter contre la pierre de la rambarde, le courbant contre lui.

Oulah, oui, ça dérapait… Tellement d’années qu’il n’avait pas reçu de morsure et il réagissait toujours au quart de tour. Sans compter qu’il savait pertinemment que son sang était une pure horreur de junkie. Euphorisant et ultra addictif… Mais avec les canines plantées dans son cou, il avait du mal à réfléchir. Tout ça à cause de ce connard de Vishous qui était venu lui parler de ses problèmes ! Mais, merde, quoi… Il avait beau savoir que les anges étaient viscéralement attirés par le malheur et presqu’obligés d’y remédier, il aurait du refuser ! ça sentait le piège à plein nez : Vishous ne serait jamais allé le voir pour quoique ce soit à moins que ce soit la fin du…

Lassiter ouvrit les yeux.

- Mais quel fils de pute !

Tohrment sembla se réveiller et se recula, regardant Lassiter qu’il tenait vraiment trop serré contre lui pour que ce soit juste un accolade amicale entre hommes. Et il remarqua les yeux de Lassiter.

- Eh, l’ange… tes yeux sont gris…
- Putain, tu devrais voir les tiens.

Tohr avait toujours eu de magnifiques yeux d’un bleu sombre mais avec l’apport de son sang angélique, ils brillaient de l’intérieur et projetaient des reflets saphir aux alentours.

Pyrine

Age : 37
Date d'inscription : 25/06/2012
Localisation : Dans la Tour du Commodore
Messages : 247
Points : 288

http://toxicsanguines.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

- Sujets similaires
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

Chapitre 8: Repas en famille :: Commentaires

Message le Dim 6 Avr - 17:31 par Ln

merci infiniment, toujours une aussi bonne plume !

Revenir en haut Aller en bas

Message le Mar 8 Avr - 20:50 par CopGirl

Oh mon Dieu trop genial!tu nous offres une scene Tohr et Lass en prime, c'est la cerise sur le gateau de ce beau repas que tu nous décrit!merci beaucoup pour  ce chapitre.bon et bien moi j'ai faim maintenant, faim de la suite alors on s'active!!!

Revenir en haut Aller en bas

Message le Jeu 12 Juin - 21:56 par athena

Contente de voir que tu ne nous abandonnes pas en cours de route. Merci pour cette suite toujours aussi géniale. On en redemande ...

Revenir en haut Aller en bas

Message Aujourd'hui à 1:55 par Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum